À fêter

Festivals : Place au Jazz

Cette année encore, le Jazz passe le mois de Juillet en festivals et prendra le train pour se rendre à Jazz au Manot, Jazz à Sète, Millau Jazz Festival, Jazz à Toulon, Jazz à Vienne, Paris Jazz Festival, Jazz à Juan, Avignon Jazz Festival, Jazz in Marciac, entre autres. Qu'on l'aime manouche, nu, free, cool, smooth ou new-orleans, le genre se fera entendre sous toutes ses formes sans se priver de fusionner comme ce week-end au Festival Django Reinhardt où l’orchestre gypsy-turque-oriental Haïdouti Orkestar a rejoint le trompettiste Ibrahim Maalouf sur scène.

C’est ainsi que le Jazz traverse les siècles sans décrépir, en goûtant d’autres genres musicaux proposés par des musiciens du monde entier. On en a donc repéré quelques uns sur OpeningStage qui apportent leur contribution et actualisent le jazz de trois façons.

 

Swinguiser des hits actuels

Modern Swing, en visite au 21e siècle, récupère des tubes actuels pour les ramener dans les années 20. Là-bas, le trio les recouvre de sauce “Années Folles”, c’est à dire des accords enrichis au piano, des harmonies à trois voix, des looks de pin-ups et le tout saupoudré de Swiiiiing. Notre pied tape alors le parquet sans notre consentement, entraîné automatiquement par l’ambiance du club de jazz new-yorkais où on écoute autant Beyoncé que les Rolling Stones. 

 

 

Premium Swing aussi emmène des titres de notre époque dans le passé mais pas dans le même cotton club que Modern Swing. Celui de Premium, on l’imagine avec un décor à l’influence gitane où la guitare manouche est la reine de la nuit. Le “Kiss” de Prince devient alors un baiser langoureux au coin du feu entouré par des danseuses tziganes. 

 

Velvet Swing s’inscrit aussi dans la swinguisation des grands tubes qu’il cuisine à la sauce jazz-swing-manouche dans un univers assurément vintage. Le timbre feutré de la chanteuse Virginie aide à transposer les hits actuels à l’époque de la prohibition où les grandes voix du jazz étaient pleines de caractère, accompagnée d’un saxophone ténor et des guitares manouches de Benoît & Julien.

 

Associer Jazz et Rap

Hi Levelz aime le rap autant que le jazz alors pourquoi choisir quand on peut faire les deux. Léo Petit, de son vrai nom, mixe beats & mélodies jazzy, couplets de rappeur & refrains de crooner, hip-hop de la côte ouest et jazz de la côte est pour offrir la parfaite bande son d’un dancefloor inter-générationnel comme je te l’expliquais dans l’OpeningTalent qui lui était dédié : Relire cet article sur Hi Levelz


 

Blockstop fusionne aussi les deux époques musicales en ajoutant du groove en bande son des punchlines de Mr E, le rappeur. Le septet strasbourgeois rassemble alors en fond des instruments typiques d’un jazzband : clavier, batterie, guitare, basse, saxophone et trombone. Deux vents qu’on croise peu souvent à côté d’un rappeur mais qui ont l’air de bien s’entendre chez Blockstop .

 

 

 

Emmener le Jazz en voyage

Né à Tunis, Jazz Oil rassemble un duo inattendu d’instruments : la basse utilisée par Slim Abida comme soliste et le qanun - un instrument traditionnel de 78 cordes créé au IXe siècle au Moyen Orient -  jouée de façon originale par Nidhal Jaoua. Ne reste plus qu’à ajouter Marc Dupont à la batterie, Anthony Honnet au clavier et Amir Mahla au saxophone pour obtenir Jazz Oil, un mélange de Jazz oriental et occidental.

 

Millim Jazz réussit une parfaite fusion entre une variété de rythmes traditionnels sénégalais et un plateau de différents Jazz éclectique. En résulte une musique Afro-jazz, dont la mélodie vient du guitariste Jean françois Mendy (alias Jeannot) et du pianiste Aly Mbaye soutenus par le bassiste Abdou Fall et par le batteur Manu Léger. Une association de sonorités originale qui crée une atmosphère aussi dansante qu’apaisante comme installe souvent le jazz, peu importe sa forme.

 

Il existe des tonnes de façons de faire évoluer un genre musical comme le Jazz, bien plus que ces trois-là. En lui faisant rencontrer des nouvelles terres, sonorités, cultures par exemple. En l'interprétant avec un instrument qui n'y est pas traditionnellement dédié. En confrontant les styles musicaux et les époques. En changeant le rythme, le son, l'interprétation. En arrangeant une partition pour lui donner une autre couleur. Comme en cuisine, les mélanges possibles sont multiples et on espère que cet été, le Jazz apparaîtra sous toutes ses formes, du standard au novateur comme du dansant au relaxant et continuera, des décennies après ses initiateurs, de réunir les plus jeunes générations.


Suzon

Le 8 juillet 2019
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